Coronavirus et mesures de soutien aux entreprises : mode d’emploi

Coronavirus et mesures de soutien aux entreprises : mode d’emploi

À l’heure où nous assistons à un pic de la propagation du COVID 19 et que nous prenons les indispensables mesures sanitaires adéquates, nous nous préparons aussi à des conséquences économiques bien plus importantes que la dernière crise financière de 2008… Une conjoncture préoccupante pour laquelle un plan de 45 milliards d’euros pour l’État français et un autre de 750 milliards d’euros pour la BCE ont été annoncés. Toutefois, malgré les aides prévues, de nombreuses entreprises vont subir de lourdes pertes. Pour organiser la gestion de cette crise, quels mécanismes comptables et financiers peuvent nous guider dans la hiérarchisation des mesures ?

 

Par où on commence ?

 

Traditionnellement, le premier réflexe de tout chef d’entreprise est de se tourner vers la trésorerie : comment faire face aux dépenses immédiates avec une production ralentie ou arrêtée ? Certains chiffres publiés par l’INSEE [1]peuvent pourtant nous orienter vers un choix différent… Les intrants de production sont incontestablement le premier agrégat du compte de résultat. La baisse ou l’arrêt de la production les stoppera mécaniquement. Le deuxième agrégat en importance sont les charges de personnel, qui représentent 20 % du chiffre d’affaires en moyenne sur 3,7 millions d’entreprises.

La première mesure à prendre semble donc d’évaluer les besoins de main-d’œuvre des semaines à venir et de recourir au dispositif d’activité partielle qui a été élargie par le gouvernement. Une fois réglé, il sera possible de se tourner vers les échéances existantes et celles qui ne manqueront pas d’arriver.

 

Comment passer le cap ?

 

Ici encore, le Gouvernement a annoncé une série de mesures de moratoires : impôts et taxes, cotisations sociales, échéances d’emprunts, factures d’électricité, de gaz, loyers… Toutes ces mesures sont intéressantes, pour peu qu’elles procurent un montant significatif.

Il convient néanmoins de respecter quelques règles de prudence :

 

  • En matière de déclarations fiscales, il est généralement préférable de déposer ses déclarations dans les délais, quitte à ce qu’elles ne soient pas accompagnées du paiement
  • Les moratoires sont rarement automatiques, même si on peut compter sur la clémence des organismes. Prenons donc contact avec les intéressés pour les informer de notre impossibilité de payer et du calendrier de négociation des délais.
  • Pour les contrats de droit privé (bail commercial par exemple), le report ne sera pas automatiquement consenti par le propriétaire. Il est impératif de lui indiquer notre impossibilité temporaire de le régler à l’échéance afin de ne pas être en défaut avec les clauses du bail.

 

Vis-à-vis des banques et organismes financiers, un report des échéances des six mois [2] à venir sera certainement possible à obtenir. Un délai d’instructions raccourci à 5 jours pour les demandes de financement de trésorerie fait également partie de l’annonce.

 

Aussi, les mesures gouvernementales proposées par l’intermédiaire de la BPI peuvent apporter des solutions bien plus importantes en montant :

 

  • Mobilisation des factures majorée d’un crédit de 30 % des sommes mobilisées
  • Garantie à 90 % des découverts bancaires et des emprunts moyen terme acceptée par les banques
  • Prêts sans garantie de 10 000 d’euros à plusieurs dizaines de millions.

 

Cette dernière mesure nous amène aux perspectives à moyen terme de l’après-crise.

Quand les entreprises pourront reprendre un fonctionnement habituel, il faudra bien faire face aux mesures prises dans l’urgence pendant le confinement. Toutefois, dans son fonctionnement habituel, l’entreprise dégage-t-elle suffisamment de ressources pour honorer la dette accumulée selon l’échéancier convenu ? Les facilités obtenues dans des circonstances exceptionnelles ne doivent pas occulter la capacité de l’entreprise à faire face à moyen terme. Dans certains cas de situations déjà fragiles, d’autres mesures pourront être à privilégier, associées ou non aux solutions d’urgence.

 

Et pour l’avenir ?

 

Vous l’aurez compris, plus que jamais, l’urgence est à la réflexion, au dialogue avec ses conseils et à l’établissement de situations et de prévisionnels. Le confinement va réduire l’activité de nombreux chefs d’entreprise, alors à vos stylos et ordinateurs !

 

Philippe Oules

 

[1] INSEE Tableaux de l’Economie Française 2020

[2] Communiqué de la Fédération Bancaire Française du 16 Mars

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